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Comment emballer une oeuvre en vue d'un transport ? (un cas sur mille) by julie Pouillon

 

Lors de restaurations que j’ai pu effectuer, je me suis rendue compte que le mauvais conditionnement d’une oeuvre lors d’un transport pouvait être à l’orée de dégradations. 

Je voulais donc vous proposer aujourd’hui, une vidéo illustrant une des méthodes pour emballer correctement une oeuvre d’art. En somme, je vous présente une méthode parmi tant d’autres, sur un cas spécifique: l’emballage d’une oeuvre sur panneau1

La période de transport (ou de transit d’une oeuvre entre deux lieux) est un entre-temps à risques. Dès lors, un emballage adéquatement réalisé, va assurer une protection temporaire et efficiente de l’oeuvre vis-à-vis de conditions environnementales et de possibles chocs. 

Dans cette vidéo, vous pourrez voir que l’emballage proposé est constitué d’une superposition de couches protectrices qui vont venir « faire tampon » et ainsi donc, amortir tout éventuel à-coup avec des objets contondants. 

 

1.  Dans un premier temps, l’oeuvre a été déposée sur un papier japonais2 - couche picturale vers le bas - et cette dernière a été emballée par le revers à l’aide de ruban adhésif Tésa®. 

Le but de cette première couche de protection est de prévenir tout risque d’éraflure de la couche picturale. 

Par ailleurs, le papier japonais (papier Awagami 44 grammes), utilisé pour cet emballage, a le grand avantage de posséder un pH neutre. Caractéristique qui garantie l’innocuité du matériau vis-à-vis de l’oeuvre. 

Cependant, un papier de soie plus facilement accessible et moins onéreux peut-être également utilisé comme substitut au papier japon. 

2.  Une fois la première couche protectrice posée, une seconde couche de protection a été appliquée. 

Tout comme précédemment, l’oeuvre a été emballée par le revers mais cette fois-ci, au moyen d’un film de non-tissé polyester d’épaisseur moyenne. 

Le non-tissé a l’avantage dans ce cas précis, d’absorber les chocs et ainsi, de pallier aux risques de déformations, d’enfoncements ou de déchirures pouvant toucher la couche picturale mais également, le support. 

L’intissé peut-être également remplacé par une mousse protectrice en polyéthylène plastazote qui est un matériau parfaitement adapté à la protection des oeuvres d’art. 

3.  Dans un dernier temps, l’oeuvre a été finalement recouverte d’un film bulles qui va venir protéger l’ensemble et créer un étau protecteur autour de l’oeuvre. 

Néanmoins, il est à noter que le film bulles n’est utilisé qu’en cas de protection de courte durée3 et ne convient, en ce sens, aucunement à une protection sur le long terme4 (de type mise en réserve). 

4.  Enfin, il est nécessaire de procéder au marquage de l’oeuvre à l’aide d’une étiquette contenant: le titre de l’oeuvre, l’auteur, la date de création, les matériaux constitutifs, le nom du propriétaire, du détenteur ou du prestataire ainsi que la date de l’emballage. 

 

Exemple d'étiquette

 

Cette étiquette permettant alors de pouvoir identifier l’oeuvre emballée à tout moment.


  1.  La méthode décrite dans cet article ne peut s’appliquer que partiellement aux oeuvres sur toile avec châssis.
  2.  Je vous renvois à cette article très enrichissant qui nous renseigne sur comment choisir un papier japonais de qualité: https://www.essentiam.fr/papier-japon-comment-choisir-et-reconnaitre-un-washi-de-qualite/
  3.  Cette information m’a été transmise par Madame Claire Pandurkar de l’atelier Glaz spécialisé dans l’encadrement des oeuvres d’art (http://atelierclairepandurkar.fr).
  4.  Le film bulles a l’inconvénient de créer autour de l’oeuvre, une atmosphère imperméable. Qui peut, si les conditions environnementales ne sont pas stables, créer un effet de serre et ainsi, favoriser l’apparition d’un micro-climat, extrêmement dommageable pour l’oeuvre.